Du plaisir de lire en allemand : guide de lecture à l’usage des apprentis germanophones

Classement subjectif ordonné en fonction du niveau de témérité du lecteur : soit du plus frileux au plus audacieux

  • Herr Jemineh hat Glück de Heiz Janisch et Selda Martin Soganci publié chez NP Verlag :
Herr Jemineh Janisch Soganci

Herr Jemineh chez Raum B

Voici un livre pour enfant qui n’en est pas vraiment un… Cet album aux coloris chaleureux et doux et aux formes singulières nous conte l’histoire heureuse de M. Jemineh qui, en dépit de quelques embûches rencontrées sur son chemin, n’a de cesse d’y trouver un aspect positif… et pour cause, c’est grâce à ces contretemps qu’il finit par rencontrer sa bien-aimée !

Une béquille primordiale si l’en est : les images ! Grâce à elles, le texte s’explique dans un contexte visuel. Et il est bien aisé de faire son paresseux et de se contenter d’admirer les dessins si l’on n’est pas encore prêt à se jeter dans le texte ! Quoi qu’il en soit, il est bien là et on le déguste au fil des pages souvent bien malgré nous mais toujours sans complexes.

  • Mann und Frau, Hatier :
Mann und Frau

Mann und Frau chez Raum B

Ce recueil regroupe les récits d’hommes et de femmes traitant des relations entre les deux sexes (qu’elles soient amoureuses, filiales etc.). Parmi les auteurs, on peut citer Joseph Roth, Bertolt Brecht, Elias Canetti ou encore Eva Heller.

Les récits sont en allemand et se voient agrémentés du vocabulaire nécessaire pour surmonter les difficultés de compréhension. L’intérêt de ce genre d’ouvrages (souvent très bien faits) est de disposer d’un parachute pendant la lecture. Commencer de lire dans une langue étrangère peut donner le vertige. Ici, le texte reste en allemand mais se voit soutenu par certains mots de vocabulaire traduits ou expliqués qui permettent de continuer sa lecture sans craindre de devoir ouvrir un dictionnaire à la première embûche (ou pire, d’abandonner le livre suite à une poussée d’angoisse incontrôlée).

  • Mein erstes T-shirt de Jacob Hein, Piper Verlag :
Heim Raum B

Mein erstes T-Shirt chez Raum B

 L’auteur nous donne accès à l’esprit d’un jeune garçon qui grandit en R.D.A. Son premier t-shirt, c’est beaucoup plus qu’un morceau de tissu, c’est une marque de reconnaissance et une ouverture sur le monde (de l’ouest !). Ses premières amours, l’adolescence et l’envie d’ailleurs, Jacob Hein nous en fait profiter sur un ton qui pourra être interprété à l’envi, naïf ou enjoué, ironique voire même cynique mais jamais méchant. La langue directe et sans fioritures tout comme les courtes phrases qui lui permettent de nous conter bon nombre d’anecdotes rendent cet ouvrage des plus accessibles. Il se prête parfaitement à une première lecture, lorsqu’on a déjà l’habitude de lire le journal à travers les lignes ou que l’on est prêt à plonger dans le grand bain sans sa bouée lexicale ! D’ailleurs, lorsque l’on se frotte à un texte en lettres étrangères, l’abus de dictionnaire peut nuire à la lecture. Mieux vaut souvent laisser parler le contexte par lui-même… et profiter de la langue aérée et légère de Jacob Hein.

  • Der kleine Bruder de Sven Regener, Eichborn-Verlag :
Regener Raum B

Der kleine Bruder chez Raum B

 Berlin-Ouest, début des années 1980. Herr Lehmann nous immerge dans la scène underground où punks, artistes et immeubles squattés sont des personnages actifs en marge de la société. Frank Lehmann est venu à Berlin pour y retrouver son grand frère dont il n’a plus de nouvelles. Coûte que coûte, il divague dans les rues de Kreuzberg où ses rencontres nous font découvrir une atmosphère semble-t-il évaporé. Roman initiatique ? Roman sur l’émancipation ? Une chose est sûre, Der kleine Bruder a eu du succès auprès d’un vaste public (nostalgique ou curieux…) à l’instar des autres ouvrages relatant ses aventures (Herr Lehmann, Neue Vahr Süd et plus récemment Magical Mystery  oder: Die Rückkehr des Karl Schmidt) sans respecter de chronologie particulière, il n’est donc pas obligatoire d’en suivre l’ordre de publication. Quoi qu’il en soit, ce texte, même s’il n’est pas à mettre entre les mains de purs novices, se prête plutôt bien à une immersion en allemand dans le texte lorsque l’on est un peu tête brûlée…

 Un style détendu, porté par une langue malgré tout accessible, par de nombreuses incursions dans la tête du narrateur et des phases de discours variés, Sven Regener permet une lecture confortable mais dynamique, le tout, sur un air décontracté.

Et si cela ne vous a pas donné envie de le lire, vous pouvez le découvrir en musique avec son groupe Element of crime :

  • Ludmilla, Erzahlungen de Siegfried Lenz, dtv :
Ludmilla S. Lenz

Ludmilla chez Raum B

Il s’agit ici de courts récits. Cette forme est idéale pour aborder une littérature plus exigeante d’un point de vue langagier sans trop se fatiguer sur la durée. L’idée n’est pas de se lancer dans un marathon sadomasochiste. D’autant plus que son auteur est des plus subtiles et qu’il faut pouvoir savourer son propos. Ce recueil de récits mélange les vies et les destinées.

 

  • Collection bilingue destinée aux méfiants et aux engagés dans la lutte contre le contresens :

Il n’est plus question ici de profiter d’un parachute de vocables mais bien de disposer du texte en allemand (langue originale) ET en français. L’idée est davantage de pouvoir jouer avec les textes, constater par soi-même que la traduction reflète bien le propos de l’auteur ou, pourquoi pas, de lancer un concours de slam franco-allemand, le tout sur fond de réflexions philosophiques. À vous de voir ! Goethe, Eichendorff ou encore Heine vous attendent bien sagement.

Et pour finir, la philosophie dans le boudoir ou en allemand dans le texte (autrement dit, pour les fous furieux qui n’ont plus peur de rien !), Raum B dispose d’une jolie collection de monographies sur des auteurs germanophones (Brecht, Goethe, Heine etc.) ainsi que d’essais philosophiques, le tout… auf Deutsch, bitte schön.

Vous pourriez aussi aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *